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Cess Administratrice


Inscrit le: 23 Fév 2005 Messages: 564 Localisation: Angers
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Posté le: Mar 27 Sep 2005 à 19:02 Sujet du message: Amiante : les carences du système de santé au travail... |
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Article tiré du Monde du 16/09/2005 :
L'affaire de l'amiante révèle les carences du système de santé au travail
LE MONDE | 15.09.05 | 13h40 • Mis à jour le 15.09.05 | 13h40
AFP/JEAN AYISSI
Les prévisions les plus sombre chiffrent entre 50 000 et 100 000 le nombre de décès imputables à l'amiante dans les trente prochaine années.
La mission d'information de l'Assemblée nationale sur "les risques et les conséquences de l'exposition à l'amiante" , a réuni, mercredi 14 septembre, une dizaine de scientifiques, afin de faire le point sur l'ampleur des pathologies qui sont associées à ce matériau cancérigène, interdit en 1997. Confirmant les prévisions les plus sombres, qui chiffrent entre 50 000 et 100 000 le nombre de décès imputables à l'amiante dans les trente prochaines années, les spécialistes, pneumologues et épidémiologistes, ont profité de la tribune qu'il leur était offerte pour souligner combien l'affaire de l'amiante révèle les carences du système de santé au travail et de prévention des risques professionnels.
Devant le président de la mission, Jean Le Garrec (PS, Nord), et son rapporteur, Jean Lemière (UMP, Manche), qui leur demandaient si un "espoir" était possible pour endiguer l'augmentation des cancers liés à l'amiante, les scientifiques ont opposé le caractère inéluctable et irréversible de l'épidémie à venir. "Jusqu'en 2030, le risque est fixé, rien ne changera en termes d'incidence" , a affirmé le professeur Marcel Goldberg, épidémiologiste et chercheur à l'Inserm. L'estimation du nombre de morts est fonction du temps de latence, de trente à quarante ans, du mésothéliome (le cancer de la plèvre directement causé par l'amiante), auquel il convient d'ajouter 10 % des 25 000 cancers du poumon déclarés annuellement. Et si ces maladies sont aujourd'hui mieux diagnostiquées, leur issue est toujours fatale.
Pour les scientifiques, si le nombre des décès liés à l'amiante ne cesse de progresser alors qu'il commence à régresser dans d'autres pays, c'est en raison "du retard important" pris en matière d'interdiction en France. Alors que ce matériau était reconnu cancérigène dès 1977, il n'a totalement été banni que vingt ans après. Entre-temps, la question avait été officieusement déléguée au Comité permanent amiante (CPA), un lobby de l'industrie dans lequel siégeaient également les partenaires sociaux et des scientifiques, et qui prônait "l'usage contrôlé" de l'amiante. "C'était un organisme totalement informel et a posteriori hallucinant" , a reconnu le professeur Patrick Brochard, pneumologue, qui a siégé au CPA. Depuis, cet organisme a été dissous, mais "la situation n'a pas tellement évolué" , a estimé le professeur Goldberg, pour qui "le problème de l'amiante peut recommencer demain avec un autre produit" .
Il a aussi expliqué qu'à l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), organisme paritaire, des épidémiologistes ont récemment été empêchés de mener une enquête sur les risques liés à l'utilisation des fibres de substitution à l'amiante, car aucun employeur n'a voulu jouer le jeu.
Pour lui, "l'évaluation des risques doit être scientifique, sans aucune interférence avec les entrepreneurs ou les partenaires sociaux" . "Autant on a su tirer les conséquences d'une affaire comme le sang contaminé, autant on n'a pas encore tiré les leçons de l'amiante en matière de santé au travail" , a lancé M. Goldberg à la représentation nationale. Les membres de la mission, qui doivent formuler des recommandations début 2006, lui ont assuré qu'ils "bougeraient sur cette question" .
Auteur : Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 16.09.05 _________________ Cécile, créatrice de HSE-Zone
"Tout ira mieux demain, voilà mon espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion." Voltaire |
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